Cycle d'études spatiales

Séminaire d'élèves - 2e semestre

A travers une approche pluridisciplinaire du spatial, ce séminaire offre à tous la possibilité de découvrir ou d’approfondir ses connaissances et questionnements sur tous les enjeux liés à l’humanisation de l’espace.
Cycle d'études spatiales

L’espace, l’infiniment étendu, représente une nouvelle frontière que l’humanité exploratrice désire dépasser. Philosophie, sciences, imagination, mais aussi économie et législation, ce secteur soulève de nombreuses questions et pose des enjeux cruciaux. Ce sont ces questionnements que le Cycle d’Etudes Spatiales veut étudier.
Renouvelant l’ancien séminaire d’éthique de l’exploration spatiale, ce séminaire s'ouvre à d’autres champs, notamment les sciences, l’histoire et la philosophie, et présente un cycle de 21 conférences (reparties en 2 semestres) ainsi que des masterclasses touchant à tous les sujets. La règle est simple : un expert, un étudiant, et le public. Après une double-conférence ainsi qu’une discussion animée par les deux intervenants, ce séminaire propose de laisser la parole au public et de prendre part à la discussion.

 

PROGRAMME semestre 2

Vendredi 5 février 2020
De 19h à 21h
Une nouvelle stratégie pour le droit spatial ?
Intervenant : Philippe Clerc, référent conformité et éthique d'entreprise pour le CNES (Centre national d'études spatiales).
Cette séance sera l'occasion de dresser les enjeux éthiques, économiques et politiques du droit de l'espace dans le contexte du New Space.
 

Vendredi 14 février 2020
De 19h à 21h
L'Humain tourné vers les étoiles : perspectives philosophiques et anthropologiques
Intervenant : Jacques Arnould, expert éthique au CNES (Centre national d'études spatiales).
Réservation en ligne (indispensable, places limitées)
Evénement Facebook

Vendredi 6 mars 2020
De 20h à 22h
De la Lune à l'ONU : de la nomenclature lunaire aux "noms extraterrestres"
Intervenant : Thierry Montmerle de l'Institut d'Astrophysique de Paris et ancien secrétaire général de l'Union Astronomique Internationale (UAI).
Réservation en ligne (indispensable, places limitées)
Evénement Facebook

A la suite de l'invention de la lunette astronomique (Galilée, 1609) et du télescope (Newton, 1668), le premier objet céleste à avoir été cartographié, à la manière terrestre, est la Lune. Apparemment doté de "mers", de "montagnes", de "cratères", rythmant le passage lent du temps et osant s'interposer parfois devant le Soleil, l'astre de la nuit a de tout temps alimenté les rêves des hommes, et parmi ceux-ci, de l'atteindre par les moyens les plus fous et même d'y rencontrer ses habitants (Cyrano de Bergerac, 1657).
Au fur et à mesure des progrès de leur instrumentation, et à l'instar des explorateurs terrestres, les astronomes ont donné des noms de leur cru à des détails topographiques lunaires de plus en plus fins -mais aussi de plus en plus incertains, voire inexistants. Au début du XXe siècle, la situation était devenue si confuse que l'Union Astronomique Internationale (UAI), dès sa fondation en 1919, avait créé une Commission dans le but scientifique de normaliser la "nomenclature lunaire", ce qui fut fait en 1935.

Mais il fallut attendre la "Course à la Lune" entre les USA et l'URSS durant les années soixante pour que le rêve de Cyrano se réalise. Cependant, dans le climat de la "Guerre froide" de l'époque, la question de la nomenclature lunaire devint un enjeu beaucoup moins astronomique mais surtout très politique: premier à découvrir, voire premier arrivé, premier servi ?

Après avoir introduit la Lune en tant qu'objet astronomique ("la Lune pour les Nuls"), Thierry Montmerle décrira le rôle essentiel et diplomatique joué par l'UAI pour arriver à une nomenclature "équilibrée" au plan international, en dépit de la forte pression de la NASA et des réticences soviétiques pour donner des noms (ou trouver un autre système ?) à des détails topographiques de plus en plus fins découverts au fil des missions de préparation au débarquement d'astronautes sur la Lune (projet Apollo).

Une fois le "grand bond pour l'humanité" accompli, et réalisant la possibilité de futurs débarquements sur des planètes (Mars en particulier), l'ONU s'est mêlée de la question de l'attribution de "noms extraterrestres", en contestant à l'UAI son autorité historique pour accomplir cette tâche. Il s'ensuivit de sérieux conflits entre les deux institutions, mais aussi au sein même de l'UAI, jamais rapportés auparavant. Et ce n'est qu'en 1982 que, par la voie d'une Résolution, l'ONU a finalement reconnu officiellement l'autorité de l'UAI dans ce domaine.

Un rapide tour d'horizon de la "conquête de la Lune" aujourd'hui, cinquante ans après Apollo, conclura la conférence.

Mis à jour le 5/3/2020