Jean-Luc Nancy à l’atelier : un art inédit d’être au monde / 2

Cycle de conférences

Un atelier de recherche "Art et philosophie" du CIEPFC/PhilOfr, consacré au philosophe Jean-Luc Nancy.
Jean-Luc Nancy, Rodolphe Burger, François Martin  © Galerie de l’UQAM (2006)
Jean-Luc Nancy, Rodolphe Burger, François Martin © Galerie de l’UQAM (2006)


« Il faut toujours suivre le désir de la ligne, le point où elle veut entrer ou mourir (1). »

Le motif de l’atelier revient à quelques reprises dans le frayage de pensée de Jean-Luc Nancy : dans l’avant-propos du livre restituant sa correspondance avec le peintre Simon Hantaï, il évoque l’idée d’une « forme de présentation publique et concrète […] qui aurait plus ressemblé à une visite d’atelier qu’à une exposition (2) » ; dans son carnet de notes pour l’exposition Trop. à la galerie de l’UQAM (3) , cherchant à désigner ce qui se joue dans son échange avec le peintre François Martin et le musicien Rodolphe Burger, il propose d’appeler cela atelier ; lorsque nous lui avions demandé comment il se sentait dans les divers ateliers visités, il nous avait répondu vivement : « Comme chez moi ! Moi aussi, je suis à l’atelier ! ».
Qui mieux que lui aura touché – inquiété, dérangé, étrangé – ce que penser veut dire, ce que nous veut la pensée ? Qui mieux que lui nous aura transmis la joie et la peine d’un apprentissage infini ? Entrons donc à l’atelier, toujours apprentis de l’art et de la philosophie, et écoutons-le en quelques traits faire le portrait du peindre ou du penser, du filmer ou du danser, de l’écrire ou du comment c’est :

« J’entre en matière sans prouver l’importance de mon sujet. C’est qu’il n’a pas d’importance. Du moins n’a-t-il pas l’importance d’un sujet dont il importerait de discourir, c’est-à-dire d’un objet. Je ne veux pas ici considérer un objet. J’amorce un mouvement, je suis une émotion, je me laisse mener par le pressentiment d’une lente défaillance de l’écriture, de la pensée – c’est-à-dire, par l’écriture ou par la pensée même.
“Je suis une émotion” : le français oblige à cette amphibologie. Je vais à la suite d’une émotion, je la poursuis, je marche à sa traîne, dans son sillage – ou bien : je (“moi” ?) est une émotion, n’est que cela, ipse est le point incandescent, évanouissant, d’un trouble instantané (4). »

PROGRAMME DES SÉANCES

Mercredi 5 octobre 2022 : La nuit du monde : Jean-Luc Nancy à l’atelier du Caravage


Mercredi 16 novembre 2022 : Forest Poem : Jean-Luc Nancy


Mercredi 14 décembre 2022 : L’expérience intérieure - penser dedans

Mercredi 18 janvier 2023 : Rumoration, ou l’anarchimedium

(1)  Henri Matisse cité par Jean-Luc Nancy dans Le plaisir au dessin, Paris, Éditions Hazan, 2007, p.24.
(2) Jamais le mot “créateur”… (Correspondance 2000-2008), Paris, Éditions Galilée, Archives Simon Hantaï, 2013, pp.19-20.
(3) Trop. Jean-Luc Nancy, sous la direction de Louise Déry et Ginette Michaud, Montréal, Galerie de l’UQAM (Université du Québec à Montréal), 2006. Merci à Louise Déry et à Léa Lanthier-Lapierre pour la photographie.
(4) La naissance des seins, Valence, École Régionale des Beaux-Arts, 1996, p.8.

Mis à jour le 16/9/2022