[Médiation scientifique] « Aborder des sujets complexes avec pédagogie et encourager à se projeter dans les sciences »
Rencontres avec ceux qui rendent la science vivante : portrait de Sidonie Rosset, doctorante en chimie, créatrice de la chaîne « Maman chercheuse »
Sidonie Rosset est doctorante au département de Chimie à l'ENS-PSL. En parallèle de ses études, elle a cofondé avec son frère une chaîne de vulgarisation scientifique et multiplie les initiatives pour rendre la science accessible au plus grand nombre.
Tout a commencé par un choix de cours. Il y a seulement un an et demi, en Master 2 à Sorbonne Université dans le cadre d'un cours de chimie supramoléculaire, Sidonie se retrouve face à une alternative : un projet de recherche ou un projet de vulgarisation. Elle opte sans hésiter pour la seconde option. « J'ai immédiatement pensé à mon frère Léonard pour la direction artistique, car j'admire depuis toujours son talent pour le dessin. » C'est ainsi que naît « Maman chercheuse », une série de vidéos graphiques qui met en lumière, à chaque épisode, une thématique de recherche scientifique portée par une femme.
Le projet porte une double ambition : rendre la recherche plus accessible et valoriser la place des femmes en sciences. Chaque épisode prend la forme d'un dialogue entre une mère chercheuse et sa fille, d'où le titre. « Le regard de l'enfant permet d'aborder des sujets parfois complexes avec simplicité et pédagogie, tout en encourageant les jeunes, et en particulier les jeunes filles, à se projeter dans les sciences. » Les vidéos durent environ cinq minutes et sont accessibles dès 12-13 ans.

Derrière chaque épisode, un processus créatif précis. Tout commence par une rencontre avec une chercheuse, un échange autour de ses travaux, des questions pour saisir au mieux son domaine. Sidonie rédige ensuite un dialogue de vulgarisation que la chercheuse relit pour en garantir la justesse. « Mais c'est vraiment lorsque je retrouve mon frère que tout prend forme. Nous organisons une séance de croquis pour réfléchir ensemble aux dessins. Et enfin… ça tourne ! » Ce projet lui permet, dit-elle, « pour la première fois, de réunir deux dimensions qui me sont chères : mon attachement à la recherche scientifique et mon goût pour la pédagogie et la transmission. » C'est aussi, ajoute-t-elle, « une occasion de rencontrer des chercheuses passionnantes et d'explorer des domaines parfois très éloignés du mien. »
La médiation ne s'arrête pas à l'écran. Lorsque Laurence Grimaud, directrice de recherche au département de chimie de l'ENS, entend parler de « Maman chercheuse », elle propose à Sidonie de co-animer la conférence pour enfants « Petits explorateurs et petites exploratrices de la connaissance » à l'ENS. Elle accepte avec enthousiasme. C'est la première fois qu'elle s'adresse à un public aussi nombreux et aussi varié en âge. « J'ai été profondément touchée par l'entrain des enfants, leur curiosité et leur envie de participer, notamment lorsqu'ils se précipitaient sur scène pour prendre part aux expériences que nous avions préparées. »
Ce goût pour la transmission est ancré bien avant « Maman chercheuse ». Dès son arrivée à l'ENS-PSL, Sidonie s'implique dans des missions d'enseignement. Elle commence par l'expérience TalENS, où elle encadre un groupe d'une quinzaine de lycéens dans le cadre d'un tutorat en physique-chimie et biologie. En parallèle, elle donne de nombreux cours particuliers à des élèves de tous niveaux et dans différentes disciplines, participe à des colles en prépa, anime des tutorats intensifs pendant les vacances scolaires. « Ce que j'aime particulièrement, c'est la relation qui se crée avec chaque élève, car elle est toujours singulière. Aujourd'hui encore, je me sens liée à chacun d'eux par ce lien qu'est la transmission du savoir. »
La sensibilisation des jeunes filles aux sciences est, pour elle, une autre dimension essentielle de la médiation. En parallèle de Maman Chercheuse, elle s'implique dans des initiatives du programme « Femmes et Filles de Sciences » de l’ENS-PSL. Cette année, le programme a lancé un tutorat scientifique avec le collège Miriam Makeba à Aubervilliers, pour accompagner un groupe de jeunes filles de troisième dans la réalisation d'un projet scientifique tout au long de l'année. « Ce sont à chaque fois des moments d'échange précieux, qui comptent beaucoup pour moi. »

