Le séminaire PasSereLle, créer un pont entre les disciplines des sciences sociales

Une initiative du département de sciences sociales de l'ENS-PSL

Créé le
4 mars 2026
Le séminaire PasSereLle de l'ENS (anciennement connu sous le nom des Mardis / Midis de Jourdan et initié par Johanna Siméant-Germanos, ancienne directrice du département de sciences sociales de l'ENS) a pour vocation à sensibiliser les étudiantes et étudiants à la discussion interdisciplinaire dès leur arrivée à l’ENS-PSL.
Entretien avec Aliénor Balaudé-André, sociologue, enseignante contractuelle en science politique au département de sciences sociales, et coordinatrice du séminaire.
Séminaire Passerelle
Photo prise lors de la première séance du séminaire PasSereLle

Qu'est-ce que le séminaire PasSereLle ? 

Aliénor Balaudé-André : Le séminaire PasSereLle, s’il a connu des changements de nom, existe sous ce format depuis 2020. Il a été initié par Johanna Siméant-Germanos, qui dirigeait alors le département de sciences sociales, avec plusieurs objectifs. D’une part, créer un espace intégrateur pour les jeunes normalien-nes fraîchement arrivé-es dans les départements du campus Jourdan. D’autre part, offrir un temps de rencontre entre les enseignant-es-chercheur-ses de Jourdan, dans une période où les interactions sociales et professionnelles étaient fortement réduites par la crise du Covid. Enfin, il s’agissait de donner corps au projet intellectuel du campus Jourdan, c’est-à-dire celui d’une certaine unité des sciences sociales, bien sûr toutes dotées de leurs approches et savoir-faire propres, mais capables et désireuses d’intercompréhension, de dialogue et d’échanges critiques. L’esprit ayant guidé la création du séminaire perdure aujourd’hui : si les contraintes liées à la pandémie ne sont plus, l’importance de se réunir, étudiant-es comme enseignant-es-chercheur-ses, autour d’une discussion interdisciplinaire régulière et féconde ne s’est pas démentie.

Est-ce que vous pouvez nous parler du nom du séminaire ? 

Aliénor Balaudé-André : Le séminaire a vu le jour sous le nom des Mardis de Jourdan, puis a été renommé les Midis de Jourdan l’année dernière, pour acter le caractère désormais flottant des jours d’organisation du séminaire. L’objectif était d’éviter, autant que possible, l’organisation du séminaire en même temps que d’autres à Jourdan, et d’accroître les opportunités, pour notre public, de se rendre aux séances des Midis. Cette année, le séminaire a été rebaptisé PasSereLle, pour plusieurs raisons. D’une part, pour symboliser son ambition de créer un pont entre disciplines des sciences sociales. D’autre part, pour marquer la volonté du comité d’organisation, qui s’est d’ailleurs élargi cette année, d’ouvrir encore davantage le dialogue avec nos collègues de PSL, que nous invitons régulièrement et dont la participation enrichit considérablement le séminaire - d’où le jeu avec les majuscules.

Les ouvrages présentés abordent des thématiques très différentes. Comment les livres et les auteurs sont-ils choisis ? 

Aliénor Balaudé-André : Le séminaire ne se fixe en effet aucune ligne thématique : il se veut avant tout ouvert à l’actualité de la recherche en science sociales, afin de permettre à notre public de découvrir ces travaux récents et de les discuter à travers le prisme des différentes disciplines du campus Jourdan. Nous invitons ainsi les auteur-es d’ouvrages parus il y a moins de trois ans, dont la qualité et l’intérêt nous apparaissent saillants. L’éclectisme des thèmes des séances est donc le reflet de la diversité de la recherche en sciences sociales et de l’actualité des publications. Le rôle du comité d’organisation, où sont représentés les différents départements et centres de recherche organisateurs (les départements d’économie, de géographie et de sciences sociales, ainsi que Paris School of Economics et le CERES), est crucial, dans la préfiguration du programme : une réflexion collective est menée à partir de la fin de l’année universitaire précédente pour identifier les ouvrages que nous souhaiterions voir présentés, ainsi que de potentiel-les discutant-es d’une autre discipline que celle de l’auteur-e, dans la perspective du dialogue interdisciplinaire que nous prônons. 

Par l'intermédiaire de ce séminaire, que souhaitez-vous transmettre aux étudiants ? 

Aliénor Balaudé-André : Ce séminaire a vocation à sensibiliser les étudiant-es à la discussion interdisciplinaire dès leur arrivée à l’ENS-PSL. Leur grande curiosité intellectuelle les conduit le plus souvent à suivre des cours dans différentes disciplines au sein de l’École, au-delà de leur majeure, mais la particularité de PasSereLle est précisément la pratique et la mise en valeur de cette discussion entre sciences sociales, que l’on ne trouve finalement pas si fréquemment dans un espace académique national fortement structuré par les disciplines. Une démarche à laquelle ils sont sensibles, comme en témoignent leurs retours, signe que ce type d’événement est bien de nature à stimuler le goût de l’interdisciplinarité.

Le public extérieur est-il bienvenu ? 

Aliénor Balaudé-André : Nos séances attirent généralement au-delà de nos murs, et nous accueillons régulièrement, outre nos enseignant-es-chercheur-ses et étudiant-es, un public académique élargi, mais également des personnes extérieures au monde académique. Le message que nous souhaiterions leur transmettre est de continuer à venir assister à ces événements, et pour les publics qui hésiteraient à franchir les portes de l’amphithéâtre Daniel Cohen, à s’y sentir les bienvenu-es. La recherche en sciences sociales aspire à une appropriation large, par l’ensemble de celles et ceux qui s’intéressent à ses objets, à ses méthodes et à la pluralité des regards qu’elle articule. La grande diversité des thématiques offertes par le séminaire est par ailleurs de nature à susciter l’intérêt et à nourrir la réflexion et le rapport au monde des citoyen-nes tout autant que du public plus habituel des établissements universitaires.

 

A propos d'Aliénor Balaudé-André, coordinatrice du séminaire 

Aliénor Balaudé-André est sociologue de l’action publique et enseignante contractuelle en science politique au département de sciences sociales. Ses travaux portent sur les politiques de mise en compétition des universités en Allemagne au XXIe siècle, et notamment sur l’Exzellenzinitiative, dont elle analyse la genèse, la mise en œuvre et le processus d’institutionnalisation. Depuis l’an dernier, elle coordonne le séminaire PasSereLle, en lien direct avec son comité d’organisation, et s’assure de la préparation de chacune des séances, de l’invitation des intervenant-es et discutant-es à la promotion de l’événement, au sein de l’ENS-PSL et, plus largement, dans le monde académique.