Les arts et la rue : appropriations, institutionnalisations, subversions
Journée d’étude du département Arts de l’École normale supérieure (ENS-PSL)
Journée organisée par les élèves du Master « Arts Transdisciplinaires » de l’École normale supérieure.
Inaugurée en 2025, la chaire Street Art(s) de l’ENS-PSL revendique une approche résolument plurielle : graffitis, fresques, installations, arts vivants, performances, musiques urbaines constituent autant de pratiques dont elle propose d’explorer les lieux, les supports ainsi que les conditions d’expression, de réception et de patrimonialisation.
En écho à la création de cette chaire, les étudiant.es du master Arts Transdisciplinaires de l’ENS ont choisi de consacrer leur journée d’étude annuelle à la rue comme espace d’expression artistique. Souvent perçues comme plus libres, car affranchies du cadre institutionnel traditionnel, les pratiques qui prennent place au-dehors n’en demeurent pas moins soumises à des dynamiques de contrôle, de normalisation ou de récupération, variables selon les contextes et les lieux dans lesquels elles s’inscrivent. Cette ambivalence est au cœur même de leur existence : investir la rue, c’est à la fois s’exposer à ses contraintes et en éprouver les possibles.
La journée d’étude, réunissant universitaires, artistes et professionnel·les, souhaite ainsi interroger les modalités et les fonctions de cette mise en public de l’art, en dehors de ses lieux dédiés que sont les musées ou les salles de spectacle. Elle propose de mettre en lumière les tensions qui se jouent entre le potentiel émancipateur de la rue et les formes d’encadrement qui la traversent : contraignantes, parfois répressives, celles-ci peuvent aussi devenir des leviers de visibilité et de reconnaissance pour les pratiques artistiques qui s’y déploient.
Dès lors, plusieurs questions se posent : Quelles sont les conditions concrètes d’existence des arts de la rue ? Comment les spécificités du dehors façonnent-elles les pratiques artistiques ? Comment comprendre, par ailleurs, les dynamiques d’institutionnalisation à l’œuvre et leurs effets sur des pratiques, définies par leur caractère souvent spontané ou éphémère ? Que produit, enfin, l’hyper-visibilité propre aux arts de la rue dans leur relation au public qui en devient, de fait, un spectateur parfois contraint ?
Ces interrogations invitent à penser conjointement les processus de régulation et de légitimation qui traversent les pratiques artistiques en milieu urbain depuis les années 1960.
Programme
9h-9h30 : Accueil café
9h30-10h : Mot d’accueil des organisateur·rices
Maïa Livne et Evariste Roy Barman
10h-11h30 : Création artistique et métamorphoses de l’espace public : ce que la rue fait aux arts vivants, et inversement
Table-ronde avec Laetitia Lafforgue (ktha compagnie), Fanny Broyelle (directrice de projets artistiques en espace public et d’urbanisme culturel ; sociologue), Pierre-Benjamin Nantel (chorégraphe)
Modération : Camille Nédellec et Lévana Bordas
11h45-12h30 : L’art public ou l’illusion du consensus
Julie Bawin (professeure d’histoire de l’art contemporain, Université de Liège)
Modération : Paulina Szarleja
Pause déjeuner
14h-15h : (Re)prendre la rue : les enjeux renouvelés des pratiques artistiques queer au sein des espaces urbains français contemporains
Quentin Petit dit Duhal (professeur d’enseignement artistique en histoire de l’art à l’École supérieure d’art et de communication de Cambrai, chercheur affilié à l’Université Paris Nanterre), en discussion avec Sœur Maria Jean-Foutre de l’Immaculée Création et Sœur Cosmolope (Les Soeurs de la Perpétuelle indulgence - Couvent de Paris)
Modération : Adrian Timbolschi et Maïa Livne
15h-15h45 : Pratiques artistiques hors-les-murs dans Le Caire postrévolutionnaire : fermetures des possibles, dépublicisation des espaces urbains et négociations en contexte autoritaire
Laura Monfleur (chercheuse postdoctorante, CITERES, Université de Tours/CEDEJ, Le Caire)
Modération : Maximilien Wang
Pause
16h-17h30 : Entre encadrement et légitimation : les paradoxes de l’institutionnalisation du graffiti
Table ronde, avec Hélia Paukner (conservatrice du patrimoine, responsable du pôle Art contemporain, Mucem), Anton Olive-Alvarez (docteur en sociologie, agrégé-préparateur à l’ENS, laboratoire Mésopolhis), Maxime Drouet (graffeur), Emmanuel Moyne (avocat associé au cabinet Bougartchev-Moyne)
Modération : Corentin Viault
17h30-18h30 : Appropriation scripturale et subversive de l’espace urbain à São Paulo
Autour du court métrage Occupation visuelle de Timothée Engasser (cinéaste et artiste visuel).
Modération : Thomas Medioni et Janaina Rosalen de Paula
Mis à jour le 12/5/2026
