Semaine du Cerveau 2022 à l'ENS

Les chercheurs et les chercheuses du département d’études cognitives et l'Institut de biologie de l'ENS-PSL au rendez-vous de la 24e édition.

Rencontres, conférences, animations, spectacles, cinés-débats, ateliers, expositions : une programmation éclectique et surprenante. La semaine du cerveau est un événement annuel qui se déroule dans plus de 120 villes dont le but est de partager connaissances et avancées de la recherche sur le cerveau. Un rendez-vous devenu incontournable pour le département d’études cognitives et l'Institut de biologie de l'ENS (IBENS) qui proposent cinq conférences inédites.
semaine du cerveau

 La semaine du cerveau vue par Charlotte Jacquemot, directrice du département d'études cognitives de l'ENS-PSL

 

Qu’est-ce que la Semaine du cerveau ? Quelles en sont les attentes à la fois du côté des chercheurs et du côté du public ?

La semaine du cerveau est un événement grand public international où les chercheurs et chercheuses révèlent ce qu’ils et elles ont appris du cerveau et de son fonctionnement grâce à leurs travaux de recherche, mais font aussi part des mystères qui subsistent ! C’est très stimulant pour les chercheurs et les chercheuses d’aller à la rencontre du grand public et d’échanger autour d’un organe qui nous permet de réfléchir, de parler, de ressentir des émotions, de mémoriser, d’imaginer l’espace…

 

Le département d’études cognitives y prend part depuis plusieurs années, pourquoi ?  

Les sciences cognitives, c’est comprendre les différentes facettes du comportement humain et comment les cultures humaines fonctionnent. Le cerveau est au centre du comportement humain et c’est tout naturellement que chaque année, le département d’Études Cognitives s’engage dans cet événement pour partager les dernières avancées scientifiques.

 

Quels sont les progrès récents dans la connaissance du cerveau ?  

C’est la 24e édition de la semaine du cerveau. En 24 ans, le développement des techniques permettant d’explorer l’activité du cerveau et de décoder comment les différentes zones interagissent, a mis en avant le rôle primordial des fibres nerveuses qui connectent les neurones en formant des réseaux. Alors qu’avant c’était la matière grise (les neurones) qui concentrait toute l’attention, on sait maintenant que la matière blanche (les fibres nerveuses) a encore plein de secrets à nous révéler !

 

Escales normaliennes de l'édition 2022

 

📍 Lundi 14 mars 2022
Génétique et réussite scolaire
Franck Ramus (Directeur de recherche CNRS au Département d'Etudes Cognitives de l'ENS)
L'hypothèse d'influences génétiques sur la réussite scolaire est extrêmement controversée, car elle semble aller à l'encontre de l'idéal républicain d'égalité des chances. Mais est-ce vraiment le cas? Existe-t-il de telles influences, et comment peut-on le savoir? Nous passerons en revue l'ensemble des données disponibles sur les influences à la fois génétiques et environnementales sur la réussite scolaire, et nous réfléchirons aux conséquences que ces différents types d'influences ont (ou pas) sur les tentatives de réduire les inégalités scolaires.
Blog de Franck Ramus
Site internet du Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique au sein duquel Franck Ramus dirige l'équipe Développement cognitif et pathologie.

 

📍 Mardi 15 mars 2022
Le cerveau : vision, art et science
Iris Salecker (Chercheuse à l'Institut de Biologie de l'Ecole normale supérieure)
Tout autour de nous se trouvent des motifs, des répétitions de formes bien définies que nos cerveaux discernent très facilement. Que se passe-t-il si l’on réunit une chercheuse et une artiste pour explorer la question des motifs ? Cette présentation invite l’audience à la découverte des motifs présents dans le monde microscopique pour illustrer la structure et le développement des régions du cerveau dédiées à la vision chez la drosophile et montre les liens inattendus entre les mondes de la science et de l’art.
Site internet de l'équipe Visual Circuit Assembly dirigée par Iris Salecker.

 

📍 Mercredi 16 mars 2022
L’erreur de Broca: langage et cerveau, où en est-on ?
Charlotte Jacquemot (Chercheuse CNRS au Département d'Etudes Cognitives de l'ENS)
Paul Broca a été un pionnier dans l’étude des aires cérébrales impliquées dans le traitement de la parole. Dans ces travaux, il décrivit le “centre de la parole” dans une zone frontale du cerveau qui porte maintenant le nom d’aire de Broca. Mais plus de 150 ans après, l’aire de Broca est-elle toujours considérée comme la clef de la parole ? Pour le savoir, Charlotte Jacquemot, chercheuse CNRS dans l’équipe de NeuroPsychologie Interventionnelle à l’ENS-PSL, présentera les découvertes récentes sur les liens entre cerveau et langage.
Site internet de l'équipe de NeuroPsychologie Interventionnelle dont fait partie Charlotte Jacquemot.

 

📍 Jeudi 17 mars 2022
Cerveau et Intelligence Artificielle: l'étonnante convergence des calculs biologiques et informatiques
Jean-Rémi King (Chercheur CNRS au Département d'Études Cognitives à l’ENS-PSL)
En quelques années, l'intelligence artificielle a envahi quasiment tous les champs scientifiques et industriels. Derrière ces avancées, les algorithmes d'images, de sons et de textes convergent vers l'utilisation d'une même règle d'apprentissage. Plus surprenant: les solutions qu'ils trouvent ressemblent à celles du cerveau humain. C'est tout-du-moins ce que suggère l'analyse comparative de la neuroimagerie et de ces programmes. Dans cette conférence Jean-Rémi King, actuellement détaché au laboratoire de recherche fondamentale en intelligence artificielle de Meta, donnera un bref aperçu des dernières avancées réalisées à l'interface entre neurosciences et I.A.
Site internet du Laboratoire des Systèmes Perceptifs dont fait partie JR King.

 

📍 Vendredi 18 mars 2022
Un poisson peut-il voir une illusion d’optique ?
Auriane Duchemin (Chercheuse postdoctorale à l'Institut de Biologie de l'École normale supérieure )
L’étude de la perception visuelle a historiquement souvent été faite à partir d’illusions d’optique, pour mieux comprendre les raccourcis et les mécanismes neuronaux sous-jacents que le cerveau utilise pour percevoir efficacement le monde. Ces études ont principalement été réalisées chez l’humain, avec un accès à l’activité neuronale assez peu précis. Le poisson-zèbre est un modèle chez lequel il est possible de suivre l’activité de milliers de neurones individuellement, en même temps que leur comportement. Pourrait-on créer une illusion d’optique chez le poisson-zèbre, pour ensuite analyser son activité neuronale ?
Site internet de l'équipe Neural Circuit dynamics & Behaviour dont fait partie Auriane Duchemin.

 

 

Mis à jour le 17/2/2022