Apprendre les Sciences de l’Antiquité, jouer au Plumfoot et révolutionner l’enseignement

Passionné par les langues anciennes, doté d’un solide bagage de connaissances,  en quittant le Congo, Jérémie Chwekabo a rejoint l’ENS via la sélection internationale. Depuis, le normalien s’épanouit dans son Master Mondes Anciens, bien décidé à révolutionner demain les manières d’enseigner.

Jeremie Chwekabo
Jeremie Chwekabo, sur le toit de l'ENS-PSL

Les langues anciennes, une passion

Son éducation à Bunia au Congo, Jérémie y repense avec le sourire. Il se découvre à l’école primaire une passion pour les rudiments des civilisations grecques et latines. Décidé à en apprendre plus, Jérémie décroche un Diplôme d’État en section littéraire Latin-philo, puis un Diplôme de Graduat en Français-Latin à l’ISP de Bunia (Congo). L’étudiant finit son parcours en beauté dans ce même institut avec une licence en pédagogie appliquée dans la même option. Latin, Français, philosophie… Ses connaissances en langues lui permettent de devenir enseignant dans les écoles secondaires de Bunia, jusqu’au jour où son chemin croise l’appel à candidatures de la CAPIS pour la sélection internationale de l’ENS : « Je sentais que j’avais les prérequis nécessaires, j’étais motivé à élargir mes connaissances en études classiques. Alors, j’ai tenté le concours. »

Pour Jérémie, l’ENS figure bien sûr parmi les établissements les plus prestigieux, mais c’est avant tout la pluridisciplinarité de l’enseignement qui l’attire. « La liberté accordée aux étudiants pour se constituer un programme d’études adapté à leurs aspirations est magnifique ! », déclare-t-il. Sa première année de Master parcours Mondes Anciens, au sein du département des Sciences de l'Antiquité, lui permet renouer avec sa passion et de découvrir aussi de nouveaux sujets comme la littérature gréco-latine. « J’ai découvert des œuvres riches, sur le thème de l’éducation… Ce qui m’a amené à réaliser mon mémoire sur Cartilien. »

La liberté accordée à l’ENS aux étudiants de se constituer un programme d’études adapté à leurs aspirations est magnifique ! »

À ceux qui disent que l’étude de ces langues est dépassée ou sans importance, Jérémie répond qu’il est impossible d’ignorer tout ce que le monde contemporain doit aux Grecs et aux Romains. « Leur rôle fondamental a fait de la civilisation et des langues modernes ce qu’elles sont aujourd’hui. C’est là que réside l’intérêt des études classiques : une véritable mine d’or qu’il convient de fouiller, déclare-t-il, avec passion. Depuis toujours, je suis séduit par cette vieille valeur des humanistes du XVe siècle, selon laquelle il faut chercher la nourriture intellectuelle dans les œuvres antiques ».

Une vie étudiante polyvalente

Arrivé à l’École Normale en 2021 et quelques difficultés d’adaptation à Paris plus tard, Jérémie tire un bilan positif de son intégration à l’Ecole. Il se souvient d’un moment marquant à la rentrée : « La séance de photo de la promo. Une photo avec tous les élèves, devant l’école, qui sera conservée dans les archives de l’école. C’est un privilège énorme ! ». Le normalien s’investit dans la vie étudiante de l’École : il est bénévole pour les distributions alimentaires mensuelles de l’université PSL. Mais ce n’est pas tout, il est aussi : joueur de plumfoot, membre actif du BDS, du club des soirées et du club des lumières et sons, etc. L’étudiant a plus d’une corde à son arc. « J’ai pu tisser des liens solides à l’internat et entrer en synergie avec les autres étudiants », annonce-t-il avec joie.

La tête pleine d’ambitions

À ceux qui se préparent à intégrer l’ENS par la sélection internationale, Jérémie conseille avant tout de bien s’informer à travers le site de l’école, les questionnaires des anciens concours ou encore des vidéos. Selon lui, il faut être prêt intellectuellement, mais aussi moralement, sans oublier que : « C’est une école de mérite, donc si vous le méritez, vous l’aurez. Peu importe d’où vous venez. » Il souhaite par la suite continuer une carrière d'enseignant-chercheur dans le champ de la didactique des langues anciennes et de la pédagogie. Pour lui : « le plus important, c’est de rendre l’apprentissage plus moderne, notamment en revoyant les manuels. » Désireux de modifier les manières classiques d’apprendre, Jérémie se voit après son Master retourner au Congo, et tout simplement révolutionner les manières dépassées d’enseigner.

Mis à jour le 6/7/2022