Faire vivre sa passion pour les lettres, l’art et le théâtre

Depuis l’enfance, Helena est passionnée par l’Antiquité. Une maison en Catalogne remplie de livres sur le sujet et une mère professeure de grec et de latin : Helena se plonge immédiatement dans le monde des lettres. Aujourd’hui en deuxième année de Master Mondes Anciens à l’ENS, une vie rythmée par la littérature, le théâtre et les sorties étudiantes, la normalienne rêve de transmettre son savoir.

Helena Unzue Gros
Helena Unzue Gros, sur le toit de l'ENS-PSL

Originaire de la ville de Gérone en Catalogne (Espagne), Helena a passé un Bachibac : un double Bac L en français et espagnol qui lui donne accès aux systèmes universitaires des deux pays. Hypokhâgne, Khâgne et Cube : c’est à Montpellier que la jeune espagnole fera sa classe préparatoire.

Participer à la transmission

Plus tard, Helena découvre l'École Normale : « La pluridisciplinarité qu’offrait l’ENS correspondait à mes envies comme à mes besoins. Elle s’accordait avec mon projet de devenir enseignante chercheuse de grec et de latin, de transmettre ma passion. L’ENS offre une opportunité inégalable d’explorer cet univers ».
 
« C’est cliché, mais je ne croyais pas à mes chances d’intégrer l’ENS. Étant étrangère, j’avais des lacunes en littératures », mais Helena prend son courage à deux mains : « Il ne faut rien lâcher, être constant et régulier jusqu’à la fin ». Cette pugnacité l’amène à réussir le concours. À ceux qui voudraient le tenter à leur tour, Helena conseille de toujours se ménager des moments de pause afin d’éviter de perdre contact avec la réalité : « Après une journée de révisions, je faisais complètement autre chose, je lisais ou je dansais avec mes amis. »

« C’est cliché, mais je ne croyais pas à mes chances d’intégrer l’ENS. Étant étrangère, j’avais des lacunes en littératures. Mon conseil ? Après une journée de révisions, je faisais complètement autre chose, je lisais ou je dansais avec mes amis. »

Des expériences marquantes

Sa première année à l’ENS en 2020 n’a pas été une année facile. Comme les autres étudiants, Helena a dû faire face au confinement. Elle fait le choix de passer cette période en Espagne, où les restrictions étaient moins élevées. Ce choix la coupe de la vie à l’École pendant plusieurs mois, ce qui complique un peu son adaptation à la vie parisienne. Helena garde pourtant de bons souvenirs de cette année hors norme. Des souvenirs qui mêlent tournois de foot, week-ends étudiants, rendu de mémoire et participation à l’école thématique de néolatin à l’ENS-Lyon. « Ce fut une belle expérience, la première de ce genre d'ailleurs. J’ai pu rencontrer un spécialiste de mon auteur qui m’a offert un livre (voir encadré) », raconte-t-elle avec le sourire.
 
Harpe et piano au Conservatoire, italien ou encore allemand : l’étudiante jongle entre les activités. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est le théâtre. Avant l’ENS, Helena n’avait jamais osé en faire. C’est avec Lección de Amor, un projet de théâtre en espagnol à l’ENS, qu’elle se sent capable de monter sur scène. Elle poursuit sur sa lancée cette année avec un deuxième projet indépendant : Je reviendrai - Antigone au théâtre du Gouvernail. Son rôle choral lui permet de faire du théâtre et de la danse en même temps, une expérience qu’elle qualifie de « magique » et de « très touchante ».

Découvrez la trajectoire d'une autre passionnée de langues anciennes, Angelina Raffalli

Quant aux cours, ceux qu’elle a choisis sont dans la continuité de sa prépa : traduction, littérature grecque et latine, histoire de l’art romain et son sujet coup de cœur, l’épigraphie. Elle travaille par exemple sur la correspondance d'un traité catalan contemporain d’Erasme en néolatin. « Même si le sujet ne paraît pas amusant, c’est très satyrique. Le fait de travailler sur ses écrits, sur l’amitié et les émotions, me donne accès à une autre facette de lui, différente de ses œuvres plus sérieuses », explique-t-elle. Un projet qui conclura ses deux belles années de Master.

Mis à jour le 6/7/2022